« Du Peuplier pour l’avenir » : un nouveau germe en devenir ?

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Le Peuplier est une des ressources renouvelables majeures de notre pays. Pourtant, parmi les différentes régions populicoles, le Val de Loire est une de celles où les contraintes actuelles pèsent lourdement sur cette essence. A l’initiative du CRPF Ile-de-France Centre – Val de Loire, un projet s’est récemment concrétisé et laisse espérer des développements positifs.

Un constat, une volonté d’agir

Depuis plusieurs années, le CRPF constate en région Centre – Val de Loire un important défaut de reboisement après coupe, de l’ordre de 50 %. Pour Xavier Pesme, son directeur, ceci provient de nombreux facteurs. Parmi ceux-ci figurent au premier rang le trop faible prix des bois (dont une partie provient toutefois d’un défaut marqué d’élagage), de mauvaises expériences passées (problèmes sanitaires), et d’une forte pression environnementale et paysagère.
Ces constats font écho aux inquiétudes du Conseil National du Peuplier, qui a d’ailleurs étendu la charte Merci le Peuplier en 2014 au niveau national.

En 2015, une réflexion portée par le CRPF était déjà destiné à inciter à la coupe et au reboisement des peupleraies de mauvaise qualité bien que situées sur bonnes stations. Celle-ci s’est concrétisée en 2017 en s’appuyant sur l’étude prospective de la ressource française en peuplier publiée début 2016. Le nouveau projet « du Peuplier pour l’avenir » fût déposé dans le cadre de l’appel à projets national « Innovation et investissement pour l’amont forestier » financé par le Fonds stratégique de la forêt et du bois. A l’été 2017 il a été retenu parmi les lauréats.

Une action globale…

Après plusieurs réunions de préparation, l’action « du Peuplier pour l’Avenir » a été officiellement lancée début 2018 à la maison du Parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine.
Dans un contexte très particulier, puisque une grande partie du territoire concerné est inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO, l’action se développe en trois volets :

  • accroître l’incitation à reboiser de la charte Merci le Peuplier, en offrant la possibilité de doubler cette aide pour le populiculteur,
  • intégrer pleinement les enjeux environnementaux et paysagers dans les projets de reboisement,
  • réaliser une étude sur l’évolution du paysage et les aspects sociologiques relatifs à la perception des plantations de peupliers.

L’action devrait s’achever fin 2020, possiblement avec un colloque permettant de mettre en lumière les résultats obtenus et d’en partager les enseignements.

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Partager et échanger

L’objectif est de taille, puisque ces trois volets doivent permettre de concilier les différents enjeux concernant le peuplier, enjeux que nombre de structures pensaient auparavant contradictoires.
Le comité de pilotage est d’ailleurs constitué de nombreux organismes : PNR Loire-Anjou-Touraine, l’association Peupliers du Centre – Val de Loire, le CRPF Bretagne Pays de Loire et le CRPF Ile-de-France – Centre Val de Loire, FNE Pays de Loire, le Conseil National du Peuplier, l’Université de Tours, l’ONF, la DRAAF- SERFOBB Centre Val de Loire, la Mission Val de Loire, ainsi que des entreprises de la filière peuplier (pépiniéristes, gestionnaires, exploitants, industriels).
Malgré leur diversité et des positions parfois divergentes depuis longue date, il est très encourageant que tous semblent vouloir avancer.

… et pragmatique

L’articulation globale des trois volets génère selon moi deux conséquences majeures.

Tronc de peuplier

Le peuplier et son bois, ou le plastique issu du pétrole ?

La première concerne l’incitation au reboisement dans le respect de l’environnement et des paysages. L’appui financier aux populiculteurs est bien entendu un élément moteur qui peut avoir des effets relativement rapides, d’autant plus qu’il s’inscrit dans un dispositif déjà en place et qu’il est simple. Cette incitation devrait également avoir un effet dans la durée, car elle porte un message d’encouragement fort : le peuplier est utile pour le développement local, il a un avenir technique et économique, son rôle environnemental est positif en tant que ressource renouvelable plantée en respect des autres enjeux environnementaux et paysagers.

La seconde concerne la vision que l’on peut avoir de cette essence. En effet, le regard porté sur le peuplier peut parfois comporter une charge émotionnelle particulièrement élevée par rapport à d’autres essences :

  • dans un cas, du fait de ses deux particularités que sont la plantation régulière à large espacement et l’occupation de terrains humides,
  • dans l’autre cas d’une essence à sylviculture technique et à croissance rapide à laquelle un forestier peut s’attacher particulièrement.

La volonté d’échanger sur cette essence – notamment sur le terrain – devrait permettre non seulement une meilleure compréhension mutuelle, mais aussi de battre en brèche nombre d’idées reçues fausses ou périmées tout en améliorant la gestion de cette essence.
Les effets seront sans doute plus lents et l’on peut espérer qu’ils se feront sentir sur le long terme (évolutions administratives et réglementaires).

« Du peuplier pour l’avenir », comme la charte Merci le Peuplier, est destiné à agir concrètement et à faire évoluer le regard sur le peuplier. Et au-delà, grâce aux dispositifs d’échange et de communication, il permettra de favoriser la reconnaissance par chaque personne de bonne volonté des aspects auxquels les autres sont sensibles. Parler et construire ensemble, plutôt que s’opposer, est peut-être la meilleure graine que plante ce projet.

Mes remerciements à Xavier Pesme pour sa relecture

Edit 01/03/19 : voir aussi http://www.sylner.fr/avancee-pour-le-peuplier-grand-est/


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